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SUSAN KIGULA

OUGANDA

Arrêtée en 2000 puis condamnée à mort en 2002 en Ouganda pour avoir tué son mari, Susan Kigula n’a jamais cessé de clamer son innocence. Fondatrice d’une chorale de détenues dans le couloir de la mort, diplômée en droit de l’université de Londres, elle a finalement obtenu sa libération au terme de quinze années de prison et est sortie en janvier 2016. Elle a depuis fondé la Susan Kigula African Child Foundation.

L’Ouganda n’a plus exécuté depuis 2005 mais est de nouveau considéré comme rétentionniste depuis fin 2020 en raison de son vote contre la Résolution de l’ONU appelant à un moratoire universel sur l’application de la peine de mort. Grâce à un recours porté par Susan Kigula et déposé au nom de tous les condamnés à mort en Ouganda, la Cour constitutionnelle a jugé en 2009 comme contraires à la constitution : la peine de mort obligatoire car il s’agit d’une violation du droit à un procès équitable ; l’exécution d’un condamné à mort plus de 3 ans après sa condamnation définitive ; et l’exécution par pendaison. Ce jugement historique a eu pour effet de restaurer la discrétion du juge quant à la peine à prononcer, de réduire le nombre de condamnations à mort ainsi que le nombre de personnes dans le couloir de la mort par commutation ou révision de leur peine. Le nombre de condamnés à mort est ainsi passé de 431 en 2012 à au moins 133 en 2020. Or l’Afrique est considérée comme le prochain continent abolitionniste. Les abolitions les plus récentes sont intervenues au Tchad et le Malawi respectivement en avril 2020 et avril 2021. Entre 2019 et 2020, le nombre d’exécutions recensées en Afrique subsaharienne a baissé de 36 % et les commutations de sentences de mort ont augmenté de 87%.[1]

Ce recours n’eut été possible sans la détermination de Susan Kigula à lutter et aider ses codétenues. La peine de mort est profondément incompatible avec la réinsertion et pour lutter contre cette fatalité, Susan a décidé de satisfaire le besoin et l’envie d’apprentissage qui l’animait ainsi que ses codétenues, dont la plupart était illettrées et non anglophones. Elle a ainsi participé à l’école de la prison, en tant qu’élève et enseignante. C’est alors qu’Alexander McLean, du projet African Prisons Project, lui a offert de préparer un diplôme de droit pour l’université de Londres, quel a obtenu à force de détermination et d’autodiscipline. Le chant, pratiqué au sein de la chorale de détenues dans le couloir de la mort, lui a également permis de s’apaiser, de résister, et de sensibiliser tout le pays en diffusant des messages contre la peine de mort depuis la prison.

[1] Source Amnesty International : La peine de mort en 2020. Faits et chiffres | Amnesty International

Prisoner Rehabilitation in the Uganda Prison Services

Auteure : Rebecca Ssanyu
Date de parution : Juillet 2019
Éditeur : Broché

This research was motivated by my previous work as a pro bono counsellor in Uganda’s prisons, during which time I found that prisoners had many needs that they claimed were not being met by the prison system. It was profoundly clear that so much goes on inside the prison walls that is unknown, as there is hardly any information other than what is written in the newspapers. This research is therefore an attempt to create insight into the experiences of prisoners and the efforts of the prison services to transit from a punitive to a correctional system. The research therefore delves into the policy and legal underpinnings of the prison service in Uganda, attempts to implement the policy, challenges experienced by both policy implementers and prisoners; and prospects for the future of prisons in Uganda. It is my hope that this research is a useful addition to the body of knowledge on correctional rehabilitation in not only Uganda and and East Africa, and the entire continent of Africa.

Susan Kigula partage son histoire «La vie en prison et une seconde chance de vivre» après 16 ans dans le quartier des condamnés à mort. Elle est diplômée en droit et parcourt le monde pour parler de l’abolition de la peine de mort.

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