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SUNNY JACOBS

ÉTATS-UNIS

« La tête de Jesse a pris feu. Deux ans et demi plus tard, nous étions innocentés. »

Sunny Jacobs
17 ans en prison dont 5 dans le couloir de la mort
Libérée en 1992
Épouse de Jesse Tafero, exécuté en 1990

Sunny a été jugée pour meurtre et injustement condamnée à mort en Floride, aux États-Unis, en 1976. À défaut de cellules dans le couloir de la mort pour femmes au sein de la prison où elle était détenue, Sunny a été mise à l’isolement pendant 5 ans avant que sa condamnation à mort ne soit commuée en peine de prison. Elle y a ensuite passé 12 années supplémentaires et y a enseigné le yoga. Avec l’aide bénévole d’avocats et d’amis, la condamnation de Sunny a été annulée en 1992 et elle a retrouvé sa liberté.

Peter Pringle a été poursuivi, jugé et injustement condamné pour meurtre et vol qualifié par un tribunal pénal spécial à Dublin, en Irlande, en 1980. Il a été condamné à mort et à 15 années d’emprisonnement. En 1981, sa condamnation à mort a été commuée en 40 ans de prison, sans remise de peine. Il a fait des études de droit et a pu préparer son dossier en vertu de la Constitution irlandaise. Il a assuré sa propre défense devant la Haute Cour de Dublin en janvier 1992. Il a ainsi retrouvé sa liberté en 1994.

Sunny et Peter se sont consacrés à la guérison, à la paix et à la réconciliation à la suite de leurs libérations respectives. Ils se sont rencontrés en 1998, se sont mariés en 2011 et, ensemble, ont fondé en Irlande The Sunny Center, un refuge dédié en particulier aux personnes condamnées pour des crimes qu’elles n’ont pas commis, et qui ont passé du temps dans le couloir de la mort.

Peine de mort et torture sont intimement liées. La pratique de la peine de mort peut être assimilée à de la torture ou des traitements cruels inhumains ou dégradants qu’il s’agisse des méthodes d’exécutions, des conditions de détention ou du syndrome du couloir de la mort qui s’apparente à une torture psychologique pour les condamnés comme pour leur famille. Jesse Tafero, condamné à mort dans la même affaire que Sunny Jacobs, a été électrocuté dans des circonstances atroces : son visage a pris feu et la mort n’a été prononcée qu’après 3 tentatives et 7 minutes. Peter Pringle était sous la surveillance constante de gardiens qui parlaient ouvertement du jour de son exécution, de la prime qu’ils espéraient recevoir, du fait qu’ils seraient censés lui tirer les jambes pour s’assurer que ses cervicales rompent bien. Selon Peter, face à l’horreur de la peine de mort y compris pour les geôliers, « pour leur propre protection, ils vous traitent comme un animal, un moins que rien ».

Dans de telles conditions de détention qui lient isolement extrême, privation d’activités physiques et intellectuelles, hygiène personnelle mise à mal, accès aux soins limité voire inexistant, une majorité de condamnés à mort aux Etats-Unis développent des troubles physiques (diabète, hypertension artérielle, asthme) et psychologiques chroniques (dépression, intentions suicidaires, automutilations, maladies mentales, etc.).

Dehors, le soleil brille : Un innocent raconte le couloir de la mort aux États-Unis

Auteur : Anthony Ray Hinton
Date de parution : 2019
Éditeur : Kero

L’Alabama, 1985. Anthony Ray Hinton, vingt-huit ans, est arrêté en train de tondre la pelouse de sa mère, et accusé d’un double meurtre. D’abord sidéré, il clame son innocence, persuadé d’être victime d’une erreur d’identité. Mais Hinton est noir et pauvre, et le système judiciaire, surtout dans cet État du sud, n’est pas équitable. Il est condamné à mort par électrocution.

Dans le silence du couloir de la mort, il perd espoir. Mais alors qu’il accepte peu à peu son destin, il trouve le moyen de survivre dans cet enfer carcéral. Il devient un modèle pour ses codétenus, dont cinquante-quatre seront exécutés à quelques mètres de sa cellule. En 2015, avec le soutien de l’avocat spécialiste des droits civiques Bryan Stevenson, Hinton est libéré, après avoir passé près de trente ans en prison.

Dehors, le soleil brille est l’histoire d’une terrible erreur judiciaire qui dévoile le quotidien glaçant d’un prisonnier isolé à l’extrême. Un récit qui nous prouve que si l’on peut priver un homme de sa liberté, nul ne peut lui arracher son imagination, son sens de l’humour et sa volonté de vivre.

Au nom du père

Réalisé par Jim Sheridan
Titre original :
In the Name of the Father
Acteurs principaux : Daniel Day-Lewis, Pete Postlethwaite, Emma Thompson
Sociétés de production : Hell’s Kitchen Films et Universal Pictures
Pays d’origine : Irlande, Royaume-Uni
Durée : 132 minutes
Sortie : 1993

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