Skip to content Skip to footer

07

HSU TZU CHIANG

TAIWAN

« Je n’ai pas de rêves. J’aimerais juste qu’il n’y ait pas d’autre Hsu Tzu-chiang. »

16 ans en prison dont 12 dans le couloir de la mort
Libéré en 2012

Condamné à mort en 2000 pour l’enlèvement et le meurtre d’un businessman, Hsu Tzu-Chiang s’est vu infliger la peine capitale par six procès consécutifs. Sa peine est ensuite commuée en prison à perpétuité. En 2016, il est finalement innocenté lors de son 9e procès, après seize ans passés en prison. Son cas a eu un impact très fort sur le système judiciaire à Taïwan par sa forte médiatisation et son injustice probante. Il travaille aujourd’hui pour la Judicial Reform Foundation.

Environ 180 personnes ont été exécutées à Taiwan pendant ses années de détention. Même si le nombre d’exécution a fortement baissé depuis le milieu des années 2000, Taiwan continue de condamner à mort et d’exécuter. Fin 2020, 49 personnes se trouvaient encore dans le couloir de la mort. La même année, le gouvernement a publié de nouvelles directives concernant le processus d’exécution qui se fait par fusillade. Désormais, les condamnés à mort ont le droit d’organiser une cérémonie religieuse de leur choix avant leur exécution et les bourreaux ont le droit d’obtenir une aide psychologique, reconnaissant implicitement les répercussions de la peine capitale sur toutes les personnes concernées. L’Asie et le Pacifique figurent parmi les régions qui recourent le plus à la peine de mort, avec une proportion d’États rétentionnistes à 54% contre 28% à l’échelle mondiale. L’Asie serait le continent où le plus de condamnés à mort sont exécutés, sans pour autant pouvoir établir un nombre précis. En effet, les données concernant l’application de la peine de mort en Chine, au Viêt-Nam et en Corée du Nord étant classées secret d’État, il est estimé que des milliers de personnes y seraient exécutées chaque année.

Hsu Tzu-Chiang a été condamné à mort sur la seule base du témoignage de ses coaccusés, alors qu’il avait un alibi, que l’accusation et les juges ont refusé de retenir. Grâce à un recours en interprétation déposé par ses avocats, la cour constitutionnelle a jugé en 2003 qu’une personne ne pouvait être condamnée sur la seule base d’un témoignage, en vertu de la présomption d’innocence. C’est ainsi que Hsu a pu voir son affaire jugée à nouveau. Il a été libéré en 2012 en vertu du Fair and Speedy Criminal Trial Act qui interdit la détention d’une personne au-delà de 8 ans sans condamnation. Mais il attendra 2016 pour être définitivement acquitté. Hsu poursuit aujourd’hui son combat pour les autres innocents en prison. Il se dit très frustré à l’égard du système judiciaire, et des juges en particulier. Il souhaite de profondes réformes judiciaires pour pallier tous les problèmes qui affectent l’ensemble du système, mais insiste sur le problème majeur des juges qui, selon lui, refusent d’admettre leurs erreurs.

Staving off the Executioner: Taiwan’s Unofficial Moratorium

Auteur : Celia Llopis-Jepsen
Éditeur : Taipei Times

Dans la loi ancestrale Amazigh, les crimes comme l’homicide étaient punis d’une compensation financière envers la famille de la victime avant un exil dans une autre région. Puis, au moment de la colonisation française, la peine de mort a été introduite dans le Code pénal marocain et tunisien et a malheureusement perduré jusqu’à aujourd’hui. Avant 1991 et 1993, années des dernières exécutions en Tunisie et au Maroc, on a mis à mort un certain nombre de criminels et d’opposants politiques. Depuis, ces deux pays appliquent un moratoire non-officiel.

Cependant, grâce à la mobilisation de la société civile de ces deux pays, des évolutions positives ont pu être constatées laissant présager une issue favorable pour le camp abolitionniste….

Podcast sur la peine de mort à Taiwan réalisé par une association taiwanaise pour l’abolition et l’association « Death Penalty Project »
Partagez sur